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Il y avait foule au Conseil municipal du lundi 8 décembre. En effet pas moins de deux interventions du public et de 5 questions orales en plus des 105 délibérations « habituelles ».


La première intervention a été celle de la représentante du collectif des parents d'élèves de l'école Jean Zay concernant le projet d'installation d'antennes-relais sur le toit de l'Eglise Notre-Dame à Saint Mélaine. Une intervention équilibrée, argumentée, insistant particulièrement sur l'application du principe de précaution concernant ce dossier. La réponse d'Yves Préault a été respectueuse, exposant les contradictions de la municipalité avec franchise, d'une part « Nous ne pouvons pas priver nos concitoyens des nouveaux services [de la 3G et donc implanter de nouvelles antennes plus puissantes] » , d'autre part « Nous appliquons le principe de précaution à Rennes et nous élaborons une future charte avec les opérateurs ». M. Préault ne s'est au final ni engagé dans un sens ni dans l'autre. Nous l'incitons fortement à suspendre toute signature de dossier d'installation d'antennes supplémentaires à l'élaboration de la nouvelle charte avec les opérateurs, en espérant que cette charte associe les associations et les habitants du secteur Jean Zay mais aussi du Haut Sancé, et qu'elle soit discutée dans les conseils de quartier.


La deuxième intervention était celle d'une nouvelle association constituée très récemment suite à l'exposé du 17 novembre concernant la modification du circuit de circulation des bus sur le centre nord de Rennes, projet dont j'avais fait état dans un avis le 18 novembre,

(lien :  Bus à Rennes, une modification imposée sans concertation )

Une nouvelle fois, l'intervention était équilibrée, argumentée, appelant à favoriser les déplacements doux et à rechercher une solution écologique durable pour conclure par l'hypothèse de saisie du Tribunal Administratif tant sur le fond que sur la forme. M. Berroche, a répondu en insistant sur le fait que c'était « la moins mauvaise des solutions » en rappelant les exigences commerciales de Kéolis et en multipliant à la fois les évidences, les techniques rhétoriques du discours et les amalgames.

Les interventions de l'opposition ERC et Modem jouaient sur du velours tant ce projet était mal ficelé sur le fond et la forme, tant le caractère non satisfaisant du projet était criant. M. Caron s'est fendu d'une longue intervention reprenant des pans entiers du texte que j'avais écrit le 18 novembre (à quand les droits d'auteur ?) et défendant plus particulièrement l'hypothèse d'un découplage total, intervention d'ailleurs très applaudie. Le Modem est resté plus général sur les transports publics et le plateau piétonnier.

Pascale Loget, pour Rennes Métropole écologie (une organisation dissidente des Verts) ou à titre personnelle, a jugé bon intervenir sur le dossier. Confuse, peu au fait du dossier, nous avons eu le droit à une sorte de langue de bambou, insistant sur le caractère provisoire du projet et sur une avancée pour le code de la rue (!), une notion que visiblement elle ne maîtrise pas tout à fait. A son crédit cependant, le plus beau lapsus de la soirée, où elle a nommée la société opératrice des transports, « Kéolia », au lieu de « Kéolis », il faut dire que Véolia est aussi une entreprise qui opère dans les transports, que c'est aussi une société qui entretient des liens étroits avec la ville de Rennes, du fait qu'elle détient le monopole de la distribution de l'eau depuis plus de 150 ans sur cette ville.

Après quelques arguties typiques de M. Berroche, « vous aviez les dossiers techniques », « vous n'êtes pas responsables », « je comprends l'inquiétude des riverains », blablabla, blablabla, nous avons eu le droit à un incroyable discours de Daniel Delaveau.

Plutôt que de rechercher l'apaisement tel que devrait procéder le maire d'une ville, il s'est permis d'attaquer les riverains, l'opposition municipale, les écologistes, en considérant ceux-ci comme contre le bus, affirmant que nous souhaitions exclure les bus du centre-ville, que nous étions contre le transport en commun, que nous étions pour le retour de la voiture dans le centre-ville, que c'était nous qui avions milité contre le métro (il y a plus de quinze ans !). Il a affirmé enfin, qu'il ne s'était pas engagé pour l'extension du plateau piétonnier mais pour une meilleur partage de la voirie (aucune citation du code de la rue).

Le vote qui s'en est suivi était pitoyable. Mis à part l'opposition municipale Rennes Capitale et Modem, aucun groupe politique n'a osé se démarquer d'un projet aussi mal ficelé. Sans doute l'esprit de corps ou la menace ou même l'indifférence.

C'était tellement dégoûtant que tout le public est sorti et n'est pas rester écouter d'autres interventions sur le couvent des jacobins et la réunification administrative de la Bretagne (une question portée par l'UDB).

Tout cela est désolant et nous oblige à structurer une opposition municipale de gauche et écologiste.

A Rennes sur de nombreux dossiers, nous avons le droit à beaucoup de blocages, de projets ficelés ou des mesures libérales (pubs sur les murs de la mairie, centre des congrès). J'ai le sentiment que c'est toujours impossible, qu'il n'y a toujours que des mauvaises solutions. Sur un projet alternatif socio-culturel au Couvent des jacobins, ce n'est pas possible. Pour les antennes-relais, on ne peut appliquer le principe de précaution. Sur les longs champs, la solution du métro enterrée coûte trop cher. Sur les bus, on n'a pas d'autres solutions. Sur la Poterie, vos inquiétudes sont légitimes mais on en tiendra pas compte. Alors qu'à Rennes, la population aspire à plus d'écologie urbaine, à un meilleur partage de la voirie au bénéfice des piétons et des cyclistes, à la promotion et la préservation du patrimoine, à un vivre ensemble respectueux et responsable, à plus de solidarité et d'entraide, nous n'entendons que des phrases négatives. La municipalité et Rennes métropole devient une forteresse assiégée alors que la population n'aspire qu'au dialogue.

Pour paraphraser le slogan de Barack Obama, qui a fait naître beaucoup d'espoir aux Etats-Unis, Yes, we can (oui, nous le pouvons), il faudrait suggérer un nouveau slogan pour la ville de Rennes : no, we can't (non, nous le pouvons pas).


 

liens avec Ouest-France sur le sujet :

link Ouest-France du 9 décembre sur le conseil municipal

link Ouest-France du 1er décembre sur les bus en centre-ville

link Ouest-France sur les antennes relais à Saint Mélaine


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Tag(s) : #écologie à Rennes
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