Nicolas Hulot proposait dans son pacte écologique, la création d'un poste de vice-ministre du développement durable. Alain Juppé puis Jean-Louis Borloo se sont depuis succédé à ce poste qui a
abouti à un premier "Grenelle de l'environnement" aux résultats certains mais mitigés.
M. Boudjema, sous l'impulsion sans doute de Bruno Chavanat (1, note en bas) propose la création d'un poste de premier adjoint, "vice-maire", chargé du développement durable à Rennes.
Moi aussi, je suis convainçu que le "développement durable", (soutenable serait plus approprié, car il faut bien entendu penser à la décroissance de l'empreinte écologique des pays dits
développés), doit être au coeur de nos politiques publiques pour les années à venir. Il en va de notre responsabilité vis à vis des rennais, des générations futures comme de la planète.
L'idée du "vice-maire" (statut juridique équivalent au premier adjoint), loin d'être mauvaise, doit cependant et au même titre que l'action du Ministre Borloo, dépasser les
intentions et les effets d'annonces.
En effet, le ministère Juppé-Borloo couvre :
- le développement durable : sa transversalité, la lutte contre l'effet de serre et le réchauffement climatique, l'eau et la biodivsersité
- l'environnement : chasse et pêche, eau, déchets, risques, sûreté nucléaire...
- l'energie
- Les transports : fluvial, multimodal, ferrovière, routier, sécurité routière, aérien...
- l'équipement notamment routier
- l'urbanisme et l'occupation des sols
- la mer
- l'aménagement du territoire
Pour l'appliquer à Rennes, il faut prendre en compte les deux entités : Ville de Rennes et Rennes Métropole et les compétences de plusieurEs adjointEs et éluEs déléguéEs à Rennes :
- Adjoint à l'urbanisme et à l'aménagement
- Adjoint à l'écologie urbaine et à l'énergie
- Adjoint aux déplacements, transports, circulation, stationnement et voirie
- conseiller municipal délégué à l'eau
- conseillère municipale déléguée aux transports alternatifs
- conseillère municipale déléguée à la prévention routière
- et partiellement conseiller municipal délégué aux approvisionnements et conseiller municipal délégué aux risques naturels et à la propreté publique.
Au niveau de Rennes Métropole, c'est aussi plusieurs vice-présidences dont la première à la prospective, l'aménagement du territoire et l'agenda 21 (Philippe Tourtelier), celle de Daniel Delaveau
consacrée aux déplacements et transport, les deux concernant les déchets et celles concernant les déplacements alternatifs ou les infrastructures et voiries.
C'est donc trois postes d'adjoints et six vice-présidences de Rennes Métropole qui seront détenus par la même personne. Je ne sais pas si c'est gage d'efficacité et de
travail. Allons-nous créer un nouveau Sarkozy local, un agité de la communication, prince des illusionnistes ?
Construire un projet collectif passe par le partage des tâches et la participation de tous les citoyens aux politiques publiques. En cela, le rôle du/de la premierE adjointE est de coordonner et
d'impulser au nom du Maire et de sa majorité les nouvelles directions de sa politique publique.
La mise en oeuvre d'une telle proposition implique une refonte et une réorganisation de l'administration municipale. Si elle est souhaitable, elle doit se faire en
concertation avec les services de la ville.
Ce qui est faisable à Rennes :
- Création au sein de la ville de Rennes d'une Direction générale du développement durable intégrant les jardins, les transports, l'urbanisme,
les risques, les rues, l'environnement, l'énergie, l'eau, l'aménagement et l'approvissionnement.
- Création d'un groupe de travail (2)
développement durable rassemblant les élus délégués aux secteurs énumérés pour la direction générale.
- le premier adjoint sera chargé du développement durable et il préside le groupe de travail. Plusieurs élus composant ce groupe renforceraient sa mission,
mission transversale qui serait dotée de moyens humains et financiers, notamment à travers la DG développement durable. Une de des missions importantes serait de mettre en oeuvre les économies
d'énergie, la prévention des sur-consommation, des pollutions et des risques, la sobriété...
Au niveau de Rennes Métropole, on pourrait mettre en oeuvre les mêmes objectifs, une direction générale et une commission de travail spécifique avec plusieurs vicie-présidences et
délégations dont les déchets et éventuellement l'économie solidaire et sociale, l'insertion.
Pour superviser ces actions, il est possible de mettre en oeuvre un Conseil économique, environnemental, culturel et social de Rennes
Métropole et un Comité consultatif du développement durable à Rennes par exemple, associant les citoyens et les associations à ces
politiques.
Ces propositions concrètes qui méritent d'être débattues vont bien plus loin et sont plus précises que le fait de rencontrer pendant une heure Jean-Louis Borloo.
On ne peut que se réjouir de l'enthousiasme juvenil de l'UMP (ou du Modem) qui découvrent les enjeux du "développement durable". Bientôt, il vont donner des leçons
aux Verts et à la Ville de Rennes dans ce domaine.
Débattons, débattons !
1) Bruno Chavanat : conseiller municipal UMP sortant, secrétaire départemental de la formation de Nicolas sarkozy, spécialiste du vélo, conseiller d'Etat, qui pense en parlant à coup de
longues interventions, une tête bien faite néanmoins, la tête c'est lui, les mains c'est Karim Boudjema !
2) Il existe cinq groupes de travail au sein de la municipalité rennaise : Finances et administration; Culture, éducation, sports et jeunesse; santé, solidarité; communication, vie des
quartiers, environnement; urbanisme et logement.
Un vice-maire chargé du développement durable à Rennes ?
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