On apprend aujourd'hui (Le Monde daté de demain) que le gouvernement français s'apprêterait, dans le cadre du "Grenelle de l'environnement", à préparer un "gel de la commercialisation des
semences OGM, tout en autorisant la poursuite des recherches en laboratoire". Cette annonce semble montrer que le gouvernement a compris le niveau d'inquiétude et de prudence des écologistes et
des Français sur ce sujet. Mais restons prudent, il ne s'agit que d'une annonce. C'est la mesure précise qu'il conviendra de juger.
Les déclarations de Jean-Louis Borloo ont été nuancées par ses collègues Michel Barnier et Nathalie Kosciusko-Morizet.
Prenons garde aux belles annonces "générales" assorties de réserves et d'exceptions! L'opinion publique pourrait penser que le risque OGM, c'est fini... or il n'en serait rien dans les faits.
Les OGM nécessitent qu'on réponde aux problèmes qu'il posent avec précision et de manière scientifique :
- les dangers sur la biodiversité (dissémination de gènes modifiés à d'autres plantes sauvages, effets sur la faune qui consomme ces gènes notamment les abeilles, etc.)
- les dangers sur la santé humaine (les recherches ne sont pas orientées en ce sens. Si recherche il y a, la transparence et l'indépendance de ces recherche doit être garantie). Sur ce point, la
consommation d'OGM notamment par le bétail, n'élimine pas de nos produits de consommation les OGM.
- les dangers de dissémination d'OGM sur les autres cultures non OGM (conventionnelle et biologique).
- il s'agit aussi de règlementer les autres essais en milieu non confiné (milieu urbain ou serre non confinée) et la recherche ou la production d’OGM en milieu confiné.
Sans réponses claires à ces questions précises, le principe de précaution particulièrement pertinent sur la question des OGM ne sera pas respecté.
Sur ce sujet comme sur d'autres (sur les pesticides notamment), le débat est biaisé car l'expertise scientifique et technique indépendante n'est pas faite ou pas voulue. Le débat et la décision
publique n'est donc pas éclairée. Le doute s'est aujourd'hui largement installé sur les risques et l'utilité des OGM. Et il est dès lors totalement légitime de demander l'interdiction de tout
nouvel essai.
Rajoutons également qu'agir sur les OGM, bien que le sujet soit d'importance, ne règlera pas tous les autres sujets discutés dans le Grenelle. Rien qu'en matière agricole,
environnementale et de santé publique, il serait regrettable que le gouvernement n'agisse pas ou peu sur la réduction drastique des pesticides et l'interdiction des substances
cancérigènes.
Communiqué des Verts du 20 septembre 2007
OGM, la fin de la commercialisation des semences
Publicité