Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pour un nouveau souffle ! - Contribution au débat au sein d'EELV

Pour un nouveau souffle !
Courte contribution pour un Congrès constructif août 2013

Le monde et l'Europe sont plus que jamais victimes du productivisme, du libéralisme et des élites technocratiques : creusement des inégalités, course folle à l'exploitation des sous-sols, paralysie des instances de régulation internationale... Or les protestations populaires ne trouvent pas de débouchés politiques à la hauteur ; la désillusion généralisée souffle dans les voiles des forces autoritaires et xénophobes. En France, malgré notre présence croissante dans les institutions, malgré le fourmillement des initiatives locales et concrètes, nous, écologistes, faisons l'objet de trop peu de confiance en tant que porteurs d'une alternative globale face aux crises sociale, environnementale, démocratique. Nous nous enfermons souvent, au niveau national, dans un rôle
de réformistes modérés ou de supplétifs environnementalistes, pris en sandwich entre une social-démocratie qui se renie et une gauche de la gauche caricaturale.


Et si... nous étions en pointe pour défendre les propositions de l'écologie politique, dans leur originalité et leur radicalité ? Nous serions par exemple en première ligne pour promouvoir une Europe et VIe République qui démocratisent radicalement nos institutions et ouvrent le champ des possibles : décentralisation des pouvoirs et fédéralisme différencié, officialisation de la diversité culturelle et linguistique de la France, renforcement des droits fondamentaux et de l'égalité femmes-hommes, reconnaissance de droits pour les animaux, protection des biens communs...
Nous nous mobiliserions déjà sur le terrain des retraites, pour la répartition des richesses et la lutte contre le chômage, la réduction du temps de travail tout au long de la vie, le droit à la paresse...


Et si nous étions lucides quant à un gouvernement qui bafoue les uns après les autres les
engagements pris devant les électrices/eurs, et s'apprête à franchir de nouvelles « lignes rouges » à la rentrée ? L'austérité et les « réformes structurelles » qui saccagent l'Europe ne sont malheureusement pas le seul fait des conservateurs : PSOE, PASOK, et maintenant PS en sont tout aussi responsables. Leurs mesures ne tiennent pour ainsi dire aucun compte de la crise alimentaire, sanitaire, environnementale qui frappe nos sociétés de plus en plus violemment ; pire, elles l'aggravent. Faut-il continuer à attendre un revirement à court terme, et se contenter d'amender la catastrophe à la marge ?

Et si nous sortions du gouvernement ? Nous continuerions à agir, au sein du parlement et des collectivités bien sûr, mais aussi sur le terrain : militant-e-s, nos activités ne se sont jamais limitées au « commentaire ». EELV est un mouvement, son projet de transformation dépasse de très loin les compromis parlementaires parfois nécessaires : sa parole ne peut donc se limiter à celle de ses élu-e-s. Nous devons nous donner les moyens d'articuler mobilisations sociales et présences institutionnelles, de ménager des espaces pour différents types d'action et de paroles politiques. Campagnes militantes en dehors des périodes électorales, universités populaires, maisons de l'écologie, espaces de vie et de savoir, d'autonomie individuelle et collective... EELV a du pain sur la planche et aurait tort de garder son regard braqué sur les seuls ministères.

Et si la transformation écologique était un combat de longue haleine ? EELV devrait alors réfléchir à une stratégie de long terme pour acquérir la majorité culturelle qui nous fait défaut. Sans augmentation du nombre d'adhérent-e-s et de militant-e-s, notre présence dans les luttes, projets, élections et institutions partout sur le territoire restera un objectif hors de portée. Surtout, la féminisation et le rajeunissement du mouvement sont plus urgents que jamais, comme l'ont montré les récentes enquêtes sur les tendances lourdes de l'évolution du mouvement... La formation et réflexion intellectuelle en notre sein doivent également devenir une priorité, en accordant une attention plus importante aux apports des penseurs de l'écologie.

Et si EELV était un outil majeur de la transformation écologique ? Notre mouvement, bien
commun, devrait d'autant plus être fondé sur l'éthique individuelle et collective. Le pluralisme, l'absence de conflits d'intérêts, le respect de nos règles de fonctionnement, fonderaient notre démocratie interne. La représentativité et le non-cumul de nos élus externes seraient enfin respectés.
Et si le débat sur les orientations du mouvement d'ici au Congrès de novembre permettait à toute-s les adhérent-e-s de se faire entendre ? Les projets et motions s'écriraient de manière horizontale et collaborative. Les Journées d’Été et le Congrès prendraient en compte, entre autres, les questions posées dans ce texte et commenceraient à y apporter des réponses...

Pour un nouveau souffle !


Premiers cinquante signataires : Françoise Alamartine, Gilles Bénard, Yannik Bigouin, Pascal Branchu, Serge Borvon, Serge Brielle, Kathy Carime-Jalime, Cyril Cognéras, Adrien Delassus, Karima Delli, Olwen Denes, Manuel Domergue, Martine Foubert-Brulon, Nicolas Foucher, Annick Freze, Antoine Gaudry, Astrid Gauguin, Jérôme Gleizes, Jean-Marie Goater, Jérôme Grégoire, Jacqueline Guenin, Laurent Hamon, Françoise Hoffet, Pierre-Yves Jourdain, Benjamin Joyeux, Jocelyne Le Boulicaut, Anne Le Galles, Jean-Paul Le Pohon, Alain Leclerc, Gilles Lemaire, Elise Lowy, Vincent Madeline, Pierre Margain, Lucia Martini-Scalzone, Norbert Maudet, Bruno Méchin, Patricia Millot, Laurent Moccozet, André Moisan, Hélène Pelletier, Michèle Pernès, Emmanuel Perraud, Pascal Pierson, Solène Raude, Romain Rebillon, Gaëlle Rougier, André Roy, Eric Schultz, Daniel Salmon, Martin Siloret, Frédéric Supiot, Raphaël Yven...

Si vous souhaitez signer cette contribution, merci d'envoyer un mail à
olwen.denes@gmail.com ou laurent.hamon@gmail.com

Tag(s) : #écologie politique, #Les Verts, #EELV

Partager cet article

Repost 0